La nuit est calme. Dehors, rien ne bouge. Il n e fait pas si froid que ça. Loin, au dessus de ma tête, au clair de lune, s'éfiloche lentement la trainée de condensation laissée par un avion.

Je n'ai pas envie de dormir. Toutes mes nuits, depuis déjà pas mal de temps, sont sans cesse occupé par son sourire, son visage. Je n'arrive pas à me l'ôter de la tête. Sa voix, ses gestes hantent mes nuits, et maintenant mes jours.

Pourquoi aujourd'hui, pourquoi toi ? Pourquoi.

J'ai beau me dire que ce n'est pas la seul, qu'il est trop tard et que je n'aurais pas de seconde chance, je n'arrête pas d'y penser. Et si ? et si ? Avec des si on mettrai Paris en bouteille, dit le proverbe. Je me fiche bien d'avoir Paris en bouteille. L'avoir, la voir, la revoir me suffirait.

Ô Emmanuella, pourquoi m'as-tu fait ça ?
Pourquoi garde tu mon coeur prisonier ?
Pourquoi as-tu perdu la clef ?
Pourquoi je ne pense qu'à toi ?

Je t'aime, et plus rien ne peut m'arriver, m'atteindre dans ma cage de douleur où je suis tombé. Un jour pourtant il faudra que je sorte, pour admirer le jour, l'air libre. Un jour je pourais t'aimer librement, car tu seras avec moi. Pourquoi je divague ?

Cet été, oui, cet été je retourneai en Allemagne. Pour te revoir, et te le redire, je pense que tu n'as pas besoin d'un dessin.

Non, je ne peux pas. Tu m'en voudrais à mort et ça, je ne le veux pas. Pour rien au monde. Alors tant pis. Sache que je serais toujours là, à côté de toi. Sur ton chemin, à t'aider. Un jour peut-être, un jour tu comprendras, et tu sauras que ce sacrifice n'aura pas été vain.

Sache que tu es ma lumière, ma raison de vivre, mon feu, mon soleil, qui éclaire mes jours et réchauffe mon coeur. Qui me donne la vie, qui me maintien en vie. Oui, sans toi, je ne serais plus là. Depuis longtemps. Quand on ne se sent plus rien, à quoi bon vouloir réster et gêner ? Mais toi, tu as su me garder en vie. Même si tu n'as rien dit, rien fait, tu m'as souris, un matin, et les armes sont tombés. Tu es m déesse, et je suis à tes ordres. Tu me tiens prisonnier. Je t'aime Emmanuella.

Tu ne liras certainement jamais cette lettre, mais si par hasard tu la lisais, quelque soit le temps, tu saura que quelque part dans le monde quelqu'un meurt d'amour pour toi, mais ne t'en fait pas, tu es reine, et comme toute les reine, il te faut un roi. Il viendra. Et ce jour là, je t'aimerais toujours. Pour l'éternité.

Je t'aime. Plus que tout, plus que moi. Pour toujours.