Regard critique…

... sur les transports en commun.

Depuis bientôt trois ans j'ai pris l'habitude de beaucoup me déplacer en usant des transports en commun de tout poil. Train, bus, peugeot 205. Cette habitude est venue très vite et très naturellement car j'ai vite pris goût à cette ambiance particulière qu'on ne retrouve que dans ce type de transport. Notez cependant que je ne parle que de la vie de province, pour rien au monde je n'irais m'entérer à Paris ou dans une autre grande ville, je pense que je perdrais très rapidement cette habitude (je ne supporte pas le métro...).

On a une impression grisante d'égalité lorsque l'on se retrouve tous là, enfants, jeunes, adultes, de toutes origines et de tout bord. J'ai toujours eu l'impression que si je devais trouver un petit coin de paradis sur Terre, où enfin tout le monde s'aimerait et arrêterait de se taper sur la tête, ce serait bien dans un bus, ou un train. Là, coincé pendant deux bonnes heures dans l'entrée d'un wagon, les masques tombent et il n'existe plus de barrière sociale infranchissable ni de différence d'âge ou d'origine. Nous sommes tous pareil, et de cette situation naît toujours des conversations des plus intéressantes, ou inintéressantes d'ailleurs, mais toujours bon esprit. Et chaque fois que je doit descendre du bus ou du train, et que tout ce beau rève s'écroule, c'est avec un petit pincement au coeur que je vois ce petit moment de bonheur s'évanouir.

Mais là rien ne vas plus... je remarque de plus en plus que les gens ne veulent plus jouer le jeu, et anonymisent à fond le transport en commun. Là où on avait auparavant un chouette wiki, on ne se retrouve plus qu'avec un intranet privé, la tête collée contre la vitre du véhicule, sans un mot pour ses voisins. Pire, il n'y a plus aucun respect pour les personnes âgées. Deux fois cette semaine, alors qu'une personne âgée était montée dans le bus, je me suis levé de mon siège à son arrivé (chose normale à mes yeux), et celle-ci fut instantanément réoccupé par un autre usager beaucoup plus valide que le doyen ou la doyenne entrant. Cet égoïsme crasse qui envie peu à peu notre monde me dégoute, et j'espère bien que ce n'est qu'une impression temporaire.