Coup de blues

Un peu marre d'être toujours pris pour le bouffon de service. D'accord ça me fait plaisir de faire le clown de tant en tant, de me tourner en dérision, d'être grotesque et grandiloquent, mais quelque part c'est aussi pour surmonter une part de ma timidité naturelle. Mais de là à en profiter pour me faire passer pour le "gentil" au sens négatif du terme, pour ne pas dire niaiseux (comme disent les quebecois), il y a de la marge.

Ce n'est pas non plus parce que je pense différement de la majorité que je suis anormal. Beaumarchais a dit un jour quelque chose de très beau, ayant peut-être conduit à la révolution française, et qui est hélas encore valable aujourd'hui dans bien des dictature :

Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur.

Aujourd'hui j'ai pensé à une variable qui pourrait être "sans la liberté d'être différent, il n'y a pas de normalité". Et je pense que trop de gens oublient cela, en méprisant systématiquement les personnes dont le point de vue diffère. J'ai encore eu un exemple frappant ce midi en classe. Un débat interressant aurait pu être lancé, mais certains ont préféré y couper court parce que "de toute façon c'est trop con comme idée et ta gueule". Notez combien le débat a été ouvert et tolérant.

Bref, je commence à en avoir un peu marre de me faire marcher sur les pieds sans arrêts pour pas un rond quasiment (j'admet qu'il m'arrive de m'enflammer, mais j'essaye toujours de respecter la parole des autres), d'où mon coup de blues d'aujourd'hui... J'ai vraiment l'impression d'être seul, seul comme un con au fond de mon trou.