Matrix review

Encore un film que j'ai du voir trop jeune1 pour en saisir tout l'intérêt. J'aimerais revenir aujourd'hui sur Matrix (le 1) que j'ai revu récemment. Je pense que d'un point de vu général, beaucoup est déjà disponible du point de vue de l'analyse concernant ce film et cet univers. C'est pourquoi je vais surtout revenir ici sur mon point de vue de simple spectateur.

Pour comprendre mon étonnement lors de ce second visionnage, quelque chose comme dix ou quinze ans plus tard, il faut d'abord savoir que le souvenir que j'en avais gardé était assez éloigné de ce que j'ai redécouvert. Pour moi, Matrix était un film de SF classique, dans un univers minimaliste et peu décrit. Mon opinion avait été forgée de telle manière qu'au moment de la sortie des suites je m'étais élevé contre, pensant que rien ne pouvait suivre ou précéder le film initial. Après les avoir vu, je me souviens avoir été vaguement déçu de ce que j'avais perçu comme un éloignement des concepts abordés dans le premier film. Je vous passe les souvenirs tronqués et fantasmés (pour moi, Néo sautait bien du toit au début du film, ou encore l'oracle lui prédisait bien que c'était lui l'élu). Bref, j'étais à côté de la plaque.

Le film que j'ai redécouvert est à l'opposé de ces impressions. Cet article tient donc lieu de mea culpa quant aux avis que j'ai pu essaimer depuis des années à propos de cet univers. Oui, Matrix semble dès l'origine avoir été pensé comme un univers beaucoup plus complexe que mes souvenirs fragiles me laissaient paraître. J'ai été étonné de revoir combien de fois est évoqué Sion qui n'apparaît réellement que dans les opus suivants.

Par ailleurs, je souhaitais souligner le caractère résolument novateur et ouvert d'esprit de l'ensemble de la réalisation, à l'image des Wachowski eux-mêmes. Le nombre d'ethnies différentes visible à l'écran est juste impressionnant dans un monde où, même en 2016, une partie de la population hurle au scandale lorsqu'un noir joue un Stormtrooper. La répartition des genres est également parfaitement maîtrisée puisque la proportion de femme au sein du casting dans des rôles principaux, loin des simple faire-valoir est très correcte : Trinity en second du navire, l'Oracle qui sert de mentor à la résistance ou encore Switch efficace dans son rôle de combattante. Cette dernière illustre d'ailleurs parfaitement la question des transgenres, à mettre en abîme sur le changement de sexe de Lana Wachowski. À ce titre Matrix reste pour l'instant le seul film que je connaisse où cette notion transparaît. Surtout de manière aussi positive.

Bref, j'ai passé un bon moment et je me tâte du coup à revoir les suivants pour me défaire définitivement, peut-être, de mes premières impressions faussées.

Notes de bas de page:

1

Vous ai-je déjà parlé de Jurassic Park ?