Anticipation à l'UTC

Avertissement : Ce texte a été rédigé il y a longtemps, en réaction à une décision de l'administration de l'UTC à l'époque vis-à-vis des associations de l'époque. Ce texte n'est conservé ici qu'à titre d'information, de pièce historique et ne peut, ni ne doit être transposé aux actuelles administration et associations.

Avertissement : toute similitude avec des faits, des personnages, ou des situations réelles ne seraient que purement fortuites Nous sommes ici dans un récit d'anticipation !

Jean est un UTCéen tout ce qu'il y a de plus standard. Si on peut appeler standard le parcourt unique que peut réaliser au cours de sa scolarité tout étudiant arrivant à Compiègne. En fait, Jean était surtout standard par le fait qu'il ne faisait pas de vague. Admis à l'UTC directement à l'issu de son Bac, qu'il avait obtenu avec une mention bien en 2012, il s'était attaché durant sa première année de TC à réussir toutes ses UVs. Mais comme tout de même il y a une vie après les cours, il avait fondé avec quelques amis, dont Lucie, sa marraine, une petite formation pop au sein de Larsen. Enfin, plus exactement, au sein de la commission Larsen du pôle Artistique et Évènementiel. S'il avait bien tout compris. Pour être honnête il se fichait pas mal de l'organisation interne de son école. Tout ce qu'il voulait c'était pouvoir jouer de la musique avec ses potes, éventuellement si le cœur leur en disait, se produire au Ziquo. Et passer de bonnes soirées au pic'. Et bien sûr valider son Deutec. Pour maman.

En cet fin d'hiver, alors que le semestre P14 reprenait tranquillement, Jean et sa clique se préparait doucement à intervenir au PMDE suivant. L'idée venait de Lucie. Afin de faire connaitre leur premier single « mort aux bovidés », elle souhaitait faire passer le groupe au cours de l'estu du PMDE. Oui mais voilà, il restait pas mal de travail à faire, à commencer par motiver le groupe. Se montrer qu'ils avaient réellement du potentiel et que leur presta n'allait pas tomber à plat.

Pour s'y préparer, ils squattaient donc le local Larsen tous les mercredi de 20h à 22h. Rarement au delà, vu qu'il n'en avait plus le droit, depuis la dernière COMDE. Ils attendaient impatiemment l'ouverture de la nouvelle MDE, le printemps suivant, à deux kilomètres de là derrière le pont, car cette ouverture présageait plus de souplesse dans les horaires. Certainement ils gagneraient une demi-heure. Et comme Jean venait de passer son permis, la distance ne l'ennuyait pas plus que cela. Le seul souci était les places de parking. Du fait de l'emplacement, pourtant privilégié, entre les voies de chemin de fer et un quartier résidentiel très ouvert aux étudiants, surtout le soir après vingt-deux heures, les places étaient peu nombreuses. Or, les UTCéens, pour s'y rendre, prenaient majoritairement leurs voitures, comme la mairie tardaient à mettre en place une ligne de bus.

Ce mercredi là, il avait beaucoup neigé sur Compiègne, et une bonne couche de neige recouvrait le parking. A force d'y passer, les UTCéens l'avaient mués en une énorme flaque de bouillasse à l'entrée de la salle Larsen. Par capilarité, l'eau avait détrempé une bonne moitié de la moquette au sol de la salle. La température était bien déscendu, et il faisait deux ou trois degrés tout au plus ici. Pour se réchauffer, et éviter de se blesser les doigts gourds sur les cordes de guitare, Lucas, le bassiste, avait rallumé tous les radiateur du local à fond. La répétition pouvait commencer.

Pendant deux heures, le groupe répéta ses classiques dans la bonne humeur. Studieusement. La température avait sensiblement monté dans le local, et la boue à l'entrée avait définitivement fondue, faisant entrer une petite flaque par la porte fermée mais mal ajustée. Ils répétèrent tant et si bien que ce ne fut qu'à 22h25 que le signal du départ fut donné. Lucas rangeait sa guitare, Marie courrait après une de ses deux baguette que Jean, pour rigoler, avait lancer à travers la pièce. Ils sortirent à trente. Sur le pas de la porte, Jean se retourna vers Lucas :

« Tu as pensé à baisser le chauffage ?

— Ah, non, effectivement.

— Bouge pas j'y vais. »

Jean entra de nouveau dans le local, sans allumer la lumière et chercha à tâtons le premier radiateur, qu'il coupa. Il arriva au second. A l'extérieur, quelques flocons recommençaient leur lente chute vers le sol. Calfeutré par la neige, on entendait à peine les voitures sur la deux fois deux voies qui longeait l'UTC vers le pont. Le boulevard du port à bateau. Soudain, les lumières du Pic, où le ménage était en train d'être fait, et de la salle jaune, où une réunion du BDE devait sans doute se terminer, s'éteignirent en même temps. Du remue-ménage à l'étage. Marie lança vers le local larsen, « Bon Jean, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ? Suffit d'allumer la lumière tu sais ! » Elle entra dans la pièce, chercha l'interrupteur, et l'actionna. Rien. Inquiète, elle sortit son téléphone et parcouru le local à la faible lueur. Des picotements la saisirent au cou. Au milieu de la pièce, baignant dans la neige fondue, Jean. Immobile. Paniqué, elle sortit et se jeta dans les bras de Lucas. Au même instant, deux membres du bureau de Secourut's, par chance, passaient par là. Ils entrèrent et mirent rapidement Jean en sécurité, puis appelèrent le SAMU. Ils leur consayèrent de descendre dans le parking pour se garer au plus près de la porte de Larsen.

Le camion de réanimation descendit la pente bétonnée dix petites minutes plus tard. Les pompiers entrèrent dans le local Larsen et s'occupèrent de Jean, pour essayer de le réanimer. Devant les quelques signes encourageant qu'ils virent, ils décidèrent de l'évacuer tout de suite vers l'hôpital. Sous les yeux de quelques badauds intéressés, comme toujours, ils firent monter le brancard à l'arrière, remontèrent à l'avant, accompagnés de Marie, et allumèrent leurs lumières. Il était désormais 23h10. Ils démarrèrent en trombe et pilèrent aussitôt : la rampe de sortie était bouchée par une borne métallique, qui ne bougea pas d'un poil à leur approche. Aucune badgeuse en vue permettant à Marie de rapidement permettre à l'équipage de sortir de là.

Juste un veilleur : « Ah bien oui, il est 23h passé, le parking est fermé. Depuis le temps qu'on vous le répète, vous devriez être au courant non ? Enfin, vous avez de la chance, le parking rouvre assez tôt tout de même. A cinq heures demain matin. »